Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /2009 15:02

La vérité sur ma nouvelle programmation :

 

Jeudi, je pénètre dans le hall du théâtre de Dix-Heures. Il est 18h, heure locale. J'écrase mon cigare et retire mon chapeau. J'accroche mon imper sur le portemanteau vide jusqu'alors... Ça m'arrange. J'avais pas envie d'impliquer des innocents ce soir...

Bernie ne me reconnaît pas tout de suite. Il faut que je rappelle à Yann, mon régisseur, de lui apprendre la politesse avant que j'aie envie de le faire tout seul. Ce chien doit sentir qu'il se trame quelque chose de pas clair. L'instinct, sans doute...

Si je dois y laisser ma peau ce soir, j'aimerais me réincarner en chien.

Il est 18h03 quand le directeur du théâtre apparaît au bout du couloir. Les lumières sont éteintes et ma vue met quelques secondes à s'adapter à la pénombre et à distinguer la silhouette qui émerge de la salle de théâtre...

Tout se passe trop vite pour lui.

J'ai l'avantage de la surprise et il faut agir rapidement pour le conserver. En 6/10èmes de seconde, je l'ai rejoint. Il tend la main pour me la serrer. Je l'esquive. Feinte à droite pour le déséquilibrer, je pivote d'un quart de tour sur ma gauche, nos visages se trouvent à moins de 4 cm l'un de l'autre. Parfait. Je suis trop prêt pour voir quoi que ce soit mais je sens sa surprise au moment où son nez rencontre le mien : double bisou esquimau.

Je crois que je l'ai sonné. Il est 18h04 quand Amélie, l'attachée de production apparaît derrière le bar. Je ne la vois pas mais je sens qu'elle est là. Elle est toujours là à 18h... Mais ce soir, elle a 4 minutes de retard. Je ne me retourne pas et lance un "Rhôôôôôôôô" que seuls les Sensei de La Défense maîtrisent à la perfection... J'ai fait mouche, la cible s'effondre.

Nous n'étions pas seuls dans le théâtre... J'entends Aurélie, dans le "bocal", qui a du mal à respirer... Yann était loin mais il a lui aussi été frappé par mon attaque.

 

Il est 18h06 et tout le monde est en train de rire à gorge déployée. Si je n'arrête pas immédiatement ce supplice, les effets secondaires seront terribles : crampes abdominales, rictus à vie et autres "pipi dans la culotte". Je les leur expose en énumérant mes revendications...

 

Jeudi, 18h10... J'ai remis mon imper et mon chapeau avant de quitter le théâtre. Sur le bd de Clichy, les passants ne semblent pas soupçonner la boucherie qui vient d'avoir lieu à seulement quelques mètres d'eux... Quant à moi, j'inspire un grand coup avant de tirer ma première taffe.

Et ce cigare-là a un goût de victoire...

 

Yeah, I'm a real bad boy... Yeah...


Par Vérino - Publié dans : Mes Vérités
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